lundi 12 mai 2008

Le pont des Amants

C'est un petit hôtel de l'Est parisien. Une chambre simple, presque vide. La lumière traverse à peine les jalousies.

Ils entrent dans la pièce. Elle veut lui parler. Hésite. S'assoit et soupire. Il reste debout. Il attend.

Dans la chambre, il fait chaud. Les fenêtres fermées accentuent la lourdeur du temps. Elle dit : Tu vas rire. En te quittant, j'ai réalisé à quel point j'étais amoureuse de toi...

Il ne la regarde pas. Il ne dit rien. Elle le prend par le bras, le serre fort. Les larmes lui montent aux yeux, en même temps, elle lui demande pardon. Elle lui demande pardon plusieurs fois.

Le soir tombe. La pièce filtre les tons orangés du couché de soleil. Le vacarme cogne contre les murs. Les rues s'agitent. La foule. Elle se met à pleurer comme une madeleine. Elle dit qu'elle ferait tout ce qu'il voudra pour se faire pardonner.

Les yeux fermés, elle dit : Fais moi l'amour. Elle le supplie. Elle le touche, le caresse. Il lui dit Non. Elle s'impatiente, se lève, le foudroit du regard. Un regard hargneux, emplis de larmes. Elle arrache ses vêtements. Seins lourds en proue, hanches chevalines. Je t'ai dit de me baiser ! Plante moi ta queue sal de pervers ! C'est ça que tu veux hein ? hurle-t-elle. Alors viens, vas-y ! encule-moi ! Imperturbable, il la dévisage. Un regard glacial, implaccable qui lui déchire le coeur. Son amour, sa vie, tout fout le camp.



 
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