jeudi 24 avril 2008

INALCO

C'était essentiellement des cours du soir. Assez tard en général, mais tant mieux, la nuit a ses charmes. Elle et ses réverbères orangés, Paris en silence. Plus de klaxons, ni d'autos. Quelques taxis qui ronflent et une légère brise. Des étudiants ici et là, des silhouettes qui errent dans les rues de la capitale. Pour eux, la journée n'est pas terminée.

A Dauphine, les néons sont restés éclairés, comme si on avait oublié de les éteindre. Pas un chat dans les couloirs, pourtant il y a plus d'une centaines d'âmes qui vit entre ces murs.

Le soir, vous allez section Langues Orientales, vous retrouvez tous ces visages. Certains encore frigants ; éteints pour la plupart. Ces gens que vous voyez tout le temps qui ne vous parlent jamais. Vous ne connaissez pas leur nom, vous ignorez jusqu'à leur prénom. Toutes ces semaines qui passent sans un mot. Puis un soir sans raison ils viennent vous parler, ils viennent discuter, et c'est comme si vous vous connaissiez depuis toujours.

samedi 19 avril 2008

L'imbécile

Le genre d'injure qui rappelle les scènes terribles et invisibles. Une porte bloquée, derrière laquelle on entendait tout mais ne voyait rien. Des parents qui s'enferment dans leur chambre et se disputent dans le dos de leurs gosses. Ils n'en sauront rien, pensaient-ils peut-être, puisque la porte est fermée. Les enfants font semblant de ne rien savoir parce qu'ils ne sont pas sourds ni aveugles. Derrière la porte verrouillée des parents, on entendait le bruit granulé des cheveux s'arracher, le choc des coups, des glaces se briser, des chaises se casser. Il lui crevait les tympans en hurlant, elle montait la voix à son tour, elle pleurait, elle criait, il aboyait, elle griffait, elle mordait, il étranglait, il aboyait, elle pleurait, elle pleurait. Quand maman ne parle plus, c'est la fin de la dispute. Elle ne parle pas ; elle ne parle plus. Ni à papa, ni à son fils. "C'est parce que c'est une femme et que les femmes c'est comme ça."

Un garçon, c'est parfois assez farouche. Ca tremble au bout d'un mot prononcé trop près de l'oreille.

La peur devait lui inonder la gorge, son corps malingre trahissait ses émotions. Les points serrés et des papillons dans l'estomac, une tête précairement posée sur les épaules, des jambes d'enfant devenues sans force, la peur, la nausée. Malgré tout, il ne pleurait pas. La vision trouble, les yeux mouillés, le coeur peureux sans doute ; parce qu'un homme ça ne pleure jamais que la nuit, parce que quand on est un homme on doit être fort, même quand on a 8 ans et qu'on préfère collectionner les images.

lundi 14 avril 2008

Mes fesses sous surveillance

Aujourd'hui, enfin hier, j'avais un rencart avec un certain procto. Vous savez, les hémorroïdes et tout le tralala. Donc, je prends le métro, je me perds dans les rues, je recois le texto d'un certain Sébastien, un petit salopard de mon groupe de TD, il me dit qu'il veut qu'on se voit pour réviser ensemble la macro. OK. Je l'envoie chier poliment vous me connaissez, il me retextote, il me demande si on peut se voir avant le partiel de macro, je ne le réponds pas.

Ca m'a turlupiné un peu le cerveau son histoire à la con. J'avais l'impression qu'il voulait vraiment trop me voir. Bon. Allons-y franchement, je m'étais dit qu'il était homo et qu'il voulait que je lui enfile la bite. Un peu farfetched n'est-ce pas ? J'arrêtais pas de penser à ça. Comment un homme peut-il, bordel de putain de sa grand-mère la connasse, vouloir, ou même avoir l'idée de vouloir, faire des petites choses avec un autre homme ? Petite parenthèse, quand je pensais à ça j'étais déjà en train de décrire à l'examinateur d'anus mes ennuis de trou qui gratte. En même temps, me suis mis à imaginer des trucs horribles, vous savez, la pénétration anale, il y a des filles qui aiment un peu ça quand on les force.

"Vous connaissez la tradition ici, la position n'est pas très poétique..."

Hein ? Comment ça ?

Mosère furquinge bastard ! T'imagines ça ? Le bonhomme il te plante sa carotte grosse comme une courgette dans l'orifice dans le petit trou. Il desserre le sphincter au maximum, et s'amuse comme un enfant.

"Je vais commencer par un..."

Oh !

Et voilà comment ça a commencé.

Son doigt, il devait faire au moins 20 centimètres de long, comme celui d'E.T., il l'a mis tellement vite, avec une tel puissance et surtout tellement loin ! Oh mon dieu, sapristi de saperlipopette de ta mère !

"Tu fous quoi enculé ?" lui hurlais-je dans mon for intérieur, la grimace aux lèvres.

En tout cas, ça glissait comme à la patinoire.

"...touché rectal, c'est très désagréable mais ça ne fait pas mal."

L'aurait pu me l'dire plus tôt ce vieux pochetron. J'avais l'impression qu'il m'agrandissait les intestins car il faissait des espèces de cercles avec son doigt. A ce moment là je ne pensais plus au truc de gays, je subissais le truc. Dans fond, un doigt c'est un peu comme une bite... Après avoir fini sa gymnastique du doigt me suis dit que, diable, enculé, je ne serais, de ma vie, jamais jamais jamais homo ! Je me ferais jamais jamais surprendre par un homo sapiens à bite ! En fait, j'ai même eu le temps de finir de penser ça qu'il m'avait refourré son doigt dans le cul. C't enculé, j'étais en train de me redresser qu'il me dit de me remettre sur les coudes. Il a fait ça plusieurs fois, il retire son doigt viril, il le remet, il le réenlève. Bâtard, tu veux pas une Game Boy aussi ? Au bout de la troisième fois, ça a tilté dans ma tête. Il veut me faire ça à moi ! Sébastien de putain de biberonneur de sperme ! Alors comme ça il a envie de vider ses couilles sur ma tronche ? Sacrebleu ! Trépasse si je faiblis ! Il retire son doigt de proctologue, c'était comme un lézard son doigt, ou plutôt un serpent.

"Voilà, c'est terminé."

Je lâche un gros soupire, "la vie est un travail qu'il faut faire debout" (Alain). Je me redresse doucement car ça sent tout bizarre dans le ventre et je me rends compte avec horreur que je bandais comme un âne baté. J'avais la queue tellement dure, prête à péter, l'érection était si puissante que la pointe de ma pine dégoulinait. Nom d'une bite en bois. La honte ! La grosse te-hon ! Il me file une serviette pour m'essuyer le cul, je m'essuis la bite. Qu'est-ce qu'il m'arrive là ? Je regarde vite fait si j'ai pas éjaculé par inadvertance. Aucune trace de sperme. Je regarde le procto... il se lave les mains et regarde droit devant lui (càd il fixe le mur blanc tel Brad Pitt face à son mirroir) Putain, il est ultra gêné... Il ose pas me regarder moi et mon pénis d'animal en rutte, oh le truc de sa mère la ouf. Je me rhabille en silence, lui c'est comme s'il ne me voyait pas. Mon sexe était encore si enflé que j'avais du mal à remettre mon slip.

Marde, ça se trouve il m'a branlé pendant que j'avais les yeux fermés... mais qu'est-ce que je raconte. Tout ça à cause de deux textos et d'un homosexuel-like.

mercredi 9 avril 2008

1ère note

En général, la première note est un faux-semblant où l'on justifie, à tort, son crime. On y explique les motivations de l'existence dudit blog ; comme si le simple fait d'écrire avait un caractère ignominieux. Raison véritable ou vulgaire prétexte, le fait est que l'on ne se verra jamais être celui aux impulsions ardentes désireux de se confier, et qui, en dépit de ses transports, n'a rien trouvé de mieux que cette espèce de platforme virtuelle du no friend's land pour apaiser ses maux. Moins un blog a lieu d'être, plus il a besoin d'être légitimé.



 
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